Des Hommes et des Dieux

Je n'ai qu'un seul mot, un mot en sortant de la salle la gorge serrée, ce mot est Dignité.
Xavier Beauvois nous donne un film sobre, intense. Une histoire d'hommes qui ont abandonné leur vies pour se consacrer aux autres. En 1996, dans un pays qui n'est pas le leur, au milieu des conflits, des vicissitudes, d'une religion autre, Ils ont patiemment réussit à établir un dialogue a aidé à se faire accepter. Ils proposent des produits locaux des soins médicaux, les gens viennent de loin se faire soigner, ils participent même aux rites de passages célébrés par tout un village.
Grand Prix du festival de Cannes, le réalisateur montre le quotidien de ces moines de Tibhirine sans prosélytisme ni prise de parti, leur combat quotidien leur doutes. Là bas, les villageois ne comprennent pas pourquoi une institutrice s'est fait massacrée par des fanatiques du GIA, pourquoi ils s'en prennent à la branche sur laquelle ils sont assis. Si bien quand la violence frappe à la porte du monastère, la question se pose vaut il mieux rentrer en france, fuir, accepter la protection de l'armée ou rester?

Film intelligent et fin sur le doute religieux et l'acceptation, je reste marqué par trois scènes formidables ou l'armée tente de les déloger en perturbant leur prières en usant d'un hélicoptère, la réunion ou ils s'interrogent sur la possibilité de fuite, la cène du dernier repas ou les visages en gros plans se succèdent par des rires des larmes des moments d'absences.
Si le titre me rappelle "Des souris et des Hommes" de Steinbeck c'est surement pour faire un parallèle entre ces deux histoires la même gravité les mêmes mains pleines d'espoir caressant le doux soudainement plongées dans la brutalité l'ignorance et l'incompréhension.
L'un des points formidables du film est sa juste interprétation. Lambert Wilson est émouvant de sincérité et de tact montrant un homme fragile au demeurant mais ferme quand à sa foi et à son intégrité. Michael Lonsdale de sa voix de baryton citant Pascal marque son personnage d'une force inébranlable et d'un humour que seule la sagesse de l'âge inspire. Je n'oublie pas tous les autres Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Loïc Pichon, Jean-Marie Frin, Xavier Maly et enfin mon préféré Jacques Herlin le vieux Amédé aux mains frippées au sourire charmeur qui a gardé dans son regard l'innocence et la jeunesse que les rides et le temps ne seraient faire taire. Les acteurs se sont imprégnés du régime monacale quelques semaines avant le tournage, cela ne doit pas être étranger à leur réussite.
Je reste par contre septique sur l'utilisation des basses lumières les nuits ayant été à mon sens mal gérée. Même si l'image est parfaitement acceptable lors des scènes de jours, j'ai trouvé l'ambiance des nuits peu esthétiques voir grossières.
Mais ne laissons place à aucun doute, il s'agit la d'un grand film, intense et vrai. L'un de ses films qui vous regarde profondément et qui laisse à la gorge cette épine atroce, marque des films forgés d'une réelle force.
5/5 coup de coeur
17/20 à la technique
Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
envoyé par telerama. - Court métrage, documentaire et bande annonce.