Chic planète, dansons dessus
C'est de saison. Après "Monsters" et avant "Battle LA", "Skyline" refait la "Guerre des Mondes" dans un appartement cossu de LA. Flirtant entre "Cloverfield "et "Independence Day", le film n'est pas la croûte tant décriée. Mais on ne va pas en dire du bien non plus. On est certes de gros vendus mais on a notre amour propre.
C'est comme d'hab, on est jamais tranquil, on fait la bringue avec des potes et pouf c'est la Fin du Monde. Quand c'est pas un lézard géant qui vient jouer au bowling avec la statue de la Liberté, ce sont des espèces de cafards géants qui littéralement aspirent tous les êtres humains. Pris au piège dans leur penthouse de LA, un groupe de survivants va tenter une sortie.
ID4+Guerre des mondes+Cloverfield.
De tout temps, l'invasion alien est une recette qui marche du tonnerre au cinéma, au même titre que l'invasion zombie/infectée. Pour plusieurs raisons. Inutile de chercher un sens à l'invasion, ils viennent surtout nous botter le cul, point barre. On ne franchit pas l'hyperspace juste pour des macarons Ladurée. De plus, on peut se permettre de les montrer sous toutes les formes les plus repoussantes, leur faire faire les pires des agissements, il n'existe pas encore de CRAN ou de MRAP défendant le corps Alien. On peut donc s'en donner à coeur joie.
Parfois, l'invasion alien peut faire référence à l'Histoire plus ou moins récente, comme un échos. Ou juste servir le patrotisme primaire - surtout quand l'invasion commence aux alentours du 4 juillet, c'est Jackpot. Et puis l'Alien, c'est l'Inconnu au sens l'arge, l'étranger dans ce qu'il a de plus "non-humain". Cela peut donner des films bigrement interessants, comme "Enemy" ou "Distric 9". Ou des films sans grands intérets comme "Monsters" ou "Skyline".
Le film est clairement un produit pop-corn et il l'assume. Puis il y a le fait que les Frères Strause ont travaillé sur un projet similaire "Battle LA" (2011) au scénario curieusement semblable (une invasion ET sur Los Angeles). Alors, copie, plagiat, volonté de couper l'herbe sous les pieds de Battle LA? verdict dans les salles et les prétoires en 2011.
Le film ne fait pas dans la dentelle et utilise les bonnes vieilles ficelles de films catastrophes. Casting de visages d'inconnus pour que le spectateur puisse s'identifier, petite introduction chiante et nulle le temps que tous les spectateurs trouvent une place dans la salle, et BAM. Après on regrettera le patchwork un peu indigeste de plusieurs films, comme Cloverfield (les personnages fuyant entre les pattes entre un... une.. une sorte de cafard géant), des personnages isolés dans la ville qui doivent s'organiser pour survivre. Le film s'ouvre même sur pastiche (volontaire?) du générique d' Independence Day. Les tentatcules font penser à "la Guerre des Mondes". Les bestioles se nourrisent de cerveau humain, on pense à "Starship Troopers"...Cette façon de compiler et de se réapproprier fait penser à un autre pantographe géant du cinéma, Roland Emmerich.
On pourra gloser sur les interprétations plus que basiques des acteurs, sur un air trop monocorde et des situations déjà subies dans d'autres films. On a aucune empathie pour ces personnages qui se font aspirer/manger les uns après les autres. Mais là où le scénario surprend c'est qu'au fur et à mesure, on se doute d'une issue quelque peu fatale. Il y a un côté nihiliste, sans espoir pour l'Humain, un gros Game Over marqué en police 72 dans le ciel de LA. Peu de films du genre n'avaient jamais osé affronter de face une telle fin. Et si Skyline annonçait un changement? On a surtout un film d'invasion expurgé de tous discours politique ou patriotique, les personnages sont plongés directement dedans - dommage que le film arrive après "Cloverfield", car la comparaison est incessante.
Oui le film est bourrin - mais pas assez pour obtenir un label "Charal") et stéréotypé au possible. Mais difficile de ne pas admettre que le travail des SFX a été plutôt à quelques exeptions près, assez bien réalisé. Le vaisseau-mère, les cafard de l'espace volants et rampants, tous sont crédibles et bien intégrés. Les combats aériens sont crédibles, les scènes de destructions réussies. mais on ressent une sorte de frustrations de ne pas en savoir plus - Cloverfield, bien que aussi centré sur des personnages basiques, évitait au spectateur cette frustration en distillant quelques infos.
Certains passages sont plutôt réussis, un passage pastichant même ... les Sims. Mais le manque d'information sur cette invasion et un scénario trop centré sur des personnages transparents, l'intéret finit par décliner, tout juste sauvé en fait par ce final, plutôt couillu et sacrément casse gueule, car il faut au spectateur une sacrée dose de suspension of disbelief pour l'avaler ce final..
11/20
crédits illustration: Universal, SND distributions
Publié le jeudi, décembre 16 2010, par meriadeck dans la catégorie : Critiques - Lien permanent