Cette fois ci c'est la bonne, c'est la fin, the End, Ze end, over, finito. La Terre n'en a plus pour longtemps, des crevasses apparaissent partout autour du monde, avec d'étranges phénomènes sismiques, des tsunamis, les Spices Girls annoncent leur come back, rien ne nous sera épargné et personne, PERSONNE ne sera à l'abri. Mais par chance on a John Cusack. Ah ben ça va alors.

The Mother of All Catastrophic Movies

2012-movie-poster_22.jpgLa première chose qui marque au visionnage de "2012" c'est à quel point Roland Emmerich a voulu mettre un point d'honneur à balayer toutes les critiques qu'on lui adressait à chaque sortie d'un de ses films. Exit les lourdeurs, les emprunts divers et variés à Spielberg, cette fois ci il montre qu'il est un cinéastre qui s'assume et qui n'hésite pas à prendre de réels risques, même s'il doit pour cela choquer spectateur et critique, qu'importe, il ira jusqu'au bout pour faire imposer son point de vue.

Roland (appelons le Roland maintenant par respect) Roland donc va au fond des choses, et ne nous épargne rien. Quintessence d'un auteur qui se révèle à la lumière de la destruction globale d'une planête, la nôtre.

Car il ne s'agit pas d'un simple film "catastrophe" mais d'une radiographie en profondeur du Rêve Américain ,de son engloutissement dans le cataclymse final. Difficile de ne pas voir même une pointe de critique du Tout Capitalisme dans la destruction du supermarché, grand temple de la Consommation de l'American Way of Life, les personnages n'étant sauvés qu'en s'accrochant... aux rayonnages. terrible ironie, regard cynique! Emmerich saisit l'image du foyer américain recomposé - qui plus est vivant dans le péché car couple de divorcé. Punition divine? Roland ne répond pas mais la question à le mérite d'être posée.

UnknownIl nous faut aussi aborder un autre pilier de poids dans la construction du film, le personnage de John Cusack, dont le jeu d'acteur est particulièrement réjouissant prouvant qu'on peut aussi mettre de l'émotion sans tomber dans le pathos dans ce genre de film. Les autres membres du cast prolongent à des degrés divers cette même leçon, le spectateur peut s'identifier sans peine en chacun.
Si Emmerich remporte son pari c'est aussi et avant tout grace à ses acteurs, autant qu'à l'imagerie de synthèse qui passe parfois en second plan. On voit aussi le fossé que sépare un "2012" d'un "Avatar", l'échec patent d'un James Cameron qui se perd dans son dédale écolo noyé dans les pixels là où Emmerich avec sobriété délivre un message universel d'amour et de fraternité.

Il faut parler aussi de la parabole biblique du film, de ce retour aux "arches" face aux flots "divins". Les personnages fautifs, ceux qui ont vécu dans le pêché sont ainsi punis de manière violente. Un film salvateur et bienvenu surtout dans le naufrage moderne des relations humaines où on perd de vue les vraies valeurs de la famille. "2012" montre à quel point le cataclymse n'est tant pas dans le coeur de la Terre mais dans nos coeurs à nous, dans nos familles, que si nous ne faisons rien, nous irons nous aussi nous crasher en bateau contre le Mont Everest.

Merci Roland.