Can I Haz sum robot?

rotor.jpgAmbiance "Cyborg et décadence" à Cantada2 pour cette "Pas de Pitié pour les Navets". On est accueilli par la musique de "Tonnerre Mécanique" et une barquette de compote. Et pour vérifier qu'ils ont affaire à des humains et non des spams ou des bots, l'invité doit lire une captcha...

Très grosses affluence pour ce navet, on se serre, on se marche dessus, on se retrouve à ne faire qu'un avec le mur du fond, coincé entre le cercueil et une rangée de chaise. Comme chaque séance, une petite vidéo introductive pour situer la chose, un melting pot d'extraits assez barrés des films du genre.
Pèle mèle, "Exoman", "Steel Collar Man" ( dont la seule chose à retenir sera le robot conçu par Stan "terminator" Winston), Captain Power, classique "Cyborg" et même RoboCop recyclé en pub au Japon - j'en ai les yeux qui refondent rien qu'en écrivant ces lignes. Mais surtout, surtout, le seul, l'unique, la série que si on a été un enfant de feu "LA CINQ" on a connu, cette série improbable "Automan" qui fut un vrai bonheur. Enjoy.


On aura droit aussi à un concours improbable (ce mot va revenir souvent j'en ai bien peur, un peu comme les "juste" dans une conversation. Avec des combo du genre "ça va être juste improbable"). On aura droit donc à un concours improbable de danse 80's façon Smurf et Sidney sous amphets. Commentaire d'un des organisateurs à la vue de ce show répugnant et décadent de deux pauvres candidats attifé à la mode 1985: "Du hip hop à la Cantada... On aura souillé ce lieu jusqu'au bout".

Marie Pervenche Overdrive

rotor2.JPGOH MAIS QUELLE BELLE AFFICHE!

Non vraiment, elle est belle mais je vous rassure tout de suite, durant l'heure et demie du film, JAMAIS vous ne verrez le "roboterminator" de la sorte, les seins metalliques à l'air. Non, tout ce que vous aurez c'est le port altier d'une moustache blonde (message crypté: méfiez vous des moustachus?) et une façon super gracieuse d'enlever et de remettre les lunettes façon "Men in Black" mais sous tranxène..

D'ailleurs toute réussie qu'elle est (restons honnête dans notre mauvaise foi, le réalisateur est peut être mort depuis (NDLR : ah ben non)), l'affiche pompe allègrement un film qui n'a rien à voir, le "Mad Max" de 1979.

Dès les premières minutes du film, le personnage principal, dans une voix off des plus imposantes façon "serious business" nous explique: "Quelque part, tout s'est détraqué". On ne sait pas si c'est l'acteur qui parle ou le réalisateur de manière prophétique. On découvre un couple sur la route ""T'inquiète chérie j'ai laissé mes soucis au bureau" façon "Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant". Il ne manque plus que Laurent Cabrol et son "Et soudain c'est le drame.". Boum, explosion (hors champ) et le couple récupère le héros mal en point mais tellement mal en point qu'on se demande si
a) l'acteur souffre d'une paralysie faciale
b) le doubleur français avait ce jour là une rage de dents l'obligeant à parler en monosyllabes
c) astuce scénaristique de ouf, en fait le cyborg n'est pas celui qu'on croit, il a pris l'apparence de son créateur et nous on va se faire avoir! Trop ouf!

Si vous avez choisi une des trois réponses, vous avez perdu. Mais je penche pour un mélange entre la a et la b.

Ci-dessous, un extrait en VF avec un dialogue quasi culte à base de matrice cérébrale et de "Je ne sais pas ce que ça veut dire"


Et pouf c'est le drame, les bobines du film se sont mélangées à un documentaire sur les éleveurs de chevaux au Texas et... Ah non ça fait parti du film "aussi". On suit donc le quotidien de ce brave éleveur de chevaux, qui tous les matins chasse les souches d'arbres au lassot avant de les faire sauter à la dynamite.

Ouai ok, d'accord.

Commence aussi un gimmick qui va durer tout le film, la volonté d'inscrire le film dans le temps et l'espace en précisant l'heure et le lieu de CHAQUE SEQUENCE DU FILM. Oui parce que bon, vous comprenez, l'intrigue est vraiment vraiment compliquée...

Et soudain le public est soufflé, retient son souffle. Car il s'avère que le film est en 3D (sans lunettes) une araignée géante s'attaque aux personnages qui tentent de fuir... Ah non c'est juste une VRAIE araignée qui descend le long de l'écran et l'ombre qu'elle envoie sur l'écran de manière involontaire laisse croire un instant que la bestiole se trouvait même sur la caméra lors du tournage de la scène et que le réalisateur s'est dit, au point où on en est, autant l'y laisser, ça donnera un style.

rotor_3.jpg"Tu te crois dans un mauvais film de SF? " Difficile de savoir si ce trait d'humour vient du scénariste ou des doubleurs français écoeurés. On a l'impression d'assister à un très long sketch des Inconnus. Les dialogues sont ridicules. Tout juste sauvé par (une invention de la VF, personne ne le saura) "C'est comme ça que Terminator ça a commencé". Scènes majeure du film, en voulant recharger son Ipod, le laborantin libère la Machine.

La Machine, ce monstre fait de cuir et de moustache que rien n'arrête, pas même 8 rangées de chaises. Un Brice Hortefeux cybernétique . Manque de bol, les créateurs sont particulièrement cons. Car s'ils ont doté leur robot d'un "sensor recall" (une sorte de vision thermique rouge façon "Terminator" mais qui retranscrit ce qui s'est passé quelques minutes plus tôt - bien évidemment le scénariste n'explique pas d'où il sort ce truc, ça serait trop facile), ils l'ont aussi rendu super sensible à la musique et aux klaxons. On note aussi un problème pour plier les bras. C'est pas gagné.

Une bande annonce "réarrangée" qui rend bien hommage au film.


skunk-dyke-rotor.jpgMais c'est au moment où l'on croit que tout est perdu, alors la Machine ainsi libérée va commencer à aligner les automobilistes telle une Cyber Marie Pervenche (vous vous plaignez parce qu'on vous supprime les panneaux annonçant les radars? ROTOR vous colle une balle entre les deux yeux et moins 74 points sur votre permis), que le créateur de ROTOR sort son arme secrète: une nageuse Est Allemande à la coiffure directement inspiré de Jayce et les Conquérants de l'Univers. Un affrontement biblique à base de lassot - on est au Texas ou on est pas..

Le tout ce terminant sur une possibilté d'un ROTOR2 - genre ils ont VRAIMENT cru que leur improbable film pourrait être le début d'une franchise?

Si ROTOR se montait aujourd'hui (rêvons un peu), ça n'aurait pas la même gueule ( déjà la moustache c'est plus possible en 2011). On retrouverait les frappés de the Asylum aux commandes et le film serait certes fauché n'aurait plus ce côté charme désuet qu'ont ces films de pseudo SF des années 80 quand ils se frottent au "dans un futur proche". Ces ordinateurs qui font des bruits de machines à écrire, ces écrans façon minitel, ces touches grosses comme le poing... ROTOR, tout mauvais qu'il soit - on va dire qu'il y UN PLAN dans le film à sauver - garde ce côté naïf. Oui on pompe "terminator" et "RoboCop", non on en a pas honte. Deal with it.