Comme le souligne le maître de cérémonie de cette soirée, Gary Daniels peut être comparé à une sorte de Brendan Fraser sous steroïdes. Ils possèdent tous deux cet handicap dont ils ont su tirer avantage, c'est à dire une importante paralysie faciale, bloquant toute expression du visage. Malgré ce jeu limité, ils arrivent à faire passer un fort lot d'émotions, on ne peut donc rester insensible.
Ci-dessous un petit montage de quelques pépites dans le genre de "Rage" que l'on pourrait résumer par "Kickboxing et liberté capillaire"


rage.jpgEn préambule, on aura eu droit à un combat de tranches de cake de platres - on frôle le bukkake selon les organisateurs qui n'en finissent plus de souiller la cave de la Cantada. Je me demande si les propriétaires sont au courant de ce qui se passe sous les voûtes obscures et moites de cet endroit, à quel point ils peuvent imaginer que l'on repousse les frontières du mauvais goût. Ce soir, on découpe des tranches d'enduits à mains nues en poussant le cri qui tue...

Avant de commencer, quelques mots sur Gary Daniels dont je ne soupçonnais même pas l'existence avant de descendre l'escalier en colimaçon vers ce lieu de perdition. Karateka, kickboxer, se découvrant sa vocation de briser des os en regardant Bruce Lee, tout semblait le destiner à une brillante carrière. Si "Rage" date de 1995 ( même si esthétiquement, la mochitude de l'ensemble le renvoie à le décennie précédente), Son plus grand titre de gloire apparaît comme unaninement reconnu par la presse spécialisée comme l'adaptation de Ken le Survivant.

Kickboxing et Liberté Capillaire

Rage1.jpgComme d'habitude les jaquettes du film sont toutes plus belles les unes que les autres, terrible symétrie artistique renvoyant à la nullité pelliculaire de la chose.

"Rage" commence comme.... l'ouverture de "OSS117 Rio ne Répond plus". Des gus débarquent dans un chalet, on se tire dessus, on casse le mobilier, mais même à 2 mètres de distances il faut vider 25 chargeurs pour réussir à abattre quelqu'un. Puis le plus naturellement du monde on enchaîne sur un épisode de "l'Instit'", Gary Daniels, tel Gérard Klein enseigne avec amour à sa classe de primaire, prône l'amour de son prochain à ses têtes blondes. Derrière cette montagne de muscles, il y a un coeur, de l'émotion. On apprend aussi la grande leçon du film, les gens sont biens et gentils.

QUAND SOUDAIN C4EST LE DRAME.

Rage3.jpgEt le film bascule dans l'insoutenable, la peur, l'action non stop.

Un méchant mexicain prend en otage notre héros, lui même étant victime d'une tragique méprise de la part de flics corrompus qui se servent d'immigrés comme cobaye. Notre instituteur se retrouve dans un labo souterrain, on lui injecte une drogue censée le rendre invincible - ça permettra de justifier PPPLLLLEEEEINNNNS de trucs. Super pratique les drogues.
Si le film est foncièrement cradingue, on a envie de souligner que les cascades dans leur ensemble sont plutôt bien foutues, un respect old school. Bon bien sûr cette séquence où Gary Daniels échappe à une collision frontale avec un bus en sautant du toit de son camion pile au moment du choc est UN PEU ABUSEE. Mais c'est à cause des drogues, toussa, il PEUT le faire.


Et puis POUF comme ça, on se retrouve dans les locaux d'une chaîne de télé, à la découverte d'un des personnages secondaires du film, reporter au cheveux éparts - un peu comme son talent d'acteur. Le tout introduit dans une séquence aux dialogues dignes de "la classe Américaine".

Arrive alors la scène DANTESQUE du film, où Gary Daniels, tel Alain Robert ( le "SpiderMan Français") se retrouve suspendu à la corniche du 25eme étage d'une tour. Un hélico arrive, le mitraillant mais le tireur semble être passablement myope car il tire systématiquement à côté. Daniels prend refuge dans une nacelle de laveurs de carreaux ( et tout le monde sait qu'aux Etats Unis d'Amérique, les nacelles de laveurs de carreaux sont toutes blindés et à l'épreuve des balles ce qui est bien utile quand on est dans ce genre de situation, ils pensent à tout ces Américains.)

Rage_1.jpgEt donc si on arrive à échapper aux balles d'un hélico en survol à 10 mètres au desssus de lui, notre Héros devrait sans soucis réussir à atteindre un filin, s'en servir comme balancier et du coup grimper dans l'hélico. Oui il peut le faire.
Et est ce qu'il peut aussi se battre dans l'hélico et faire une chute de 300 mètres et finir dans une verrière (les verrières aux Etats Unis d'Amérique sont spécialement réalisées avec du verre securit qui évite les coupures en cas de chute d'hélicoptère). Oui il peut le faire. Et se rélever en se massant l'épaule - c'est fragile une épaule. MERSEA LES DROGUES.

Hélas passé ce moment d'anthologie, le rythme va brusquement descendre, on se perd dans l'enquête parallèle que mène un journaleux persuadé de l'inncocence de Daniels et on arrive à une scène de fusillade dans un supermarché où l'on vide de nouveau 25 chargeurs de pistolets mitrailleurs pour abattre le héros sans succès. Mais le Méchant lui, avec deux balles et un pauvre révolver, il y parvient.
Et le film de conclure sur une morale déjà évoquée dans le début, les gens au fond ne sont pas méchant, ce sont des gentils.

on reste partagé sur "Rage", qui a tout de la grosse machine qui se dégonfle au fur et à mesure mais on note un certain soin apporté aux cascades - la poursuite sur l'autoroute est un régal. Entre l'essentiel du jeu d'acteur de Daniels résidant dans son mouvement de jambe, les enjeux ridicules et les acteurs un peu perdus et une photo à vomir, on se croierait presque revenu dans les années 80. Mais le film est "généreux" dans ses séquences d'actions, n'ayant pas peur du ridicule - ah cette scène où Daniels est suspendu par ses doigts, référence cachée à Blade Runner? Et si Daniels était un repliquant? Ah oui tout de suite le film gagne en clarté.

Et pour poursuivre sur Gary Daniels je ne peux que vous conseiller cet entretient donné à nos collègues de nanarland.
avatarmeria.jpgBy Meria