Synopsis:
Trois amis grandissent à l'écart du monde dans un pensionnat anglais réputé, du nom d'Hailsham. Cadré, quadrillé, ils ne connaissent rien du monde extérieur sinon par quelque simulation et jeux de rôles sans intérêts.
Dans cette Angleterre parallèle, la médecine a fait d'énorme progrès et la moyenne d'âge approche la centaine d'année. Le prix à payer réside dans la création artificielle de jeunes personnes à qui un individu peut acheter n'importe quel organe. Voici le destin des trois amis n'être que des porteurs d'organes à sacrifier.

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Mais encore...
"Je m'appelle Kathy H. J'ai 28 ans. Je suis accompagnatrice depuis 9 ans. Je ne cherche pas à me vanter, mais je suis fière de ce que nous faisons. Les accompagnants et les donneurs ont tant accompli. Au bout du compte, on s'use. C'est pourquoi je ne regarde pas vers l'avenir, mais vers le passé."
Par ces tristes mots Carey Mulligan caractérise Kathy. Un personnage qui pourtant jeune ne pense qu'au passé comme si elle n'avait rien d'autre à s'accrocher. Pendant ces mots, son ami Tommy est amené à la table d'opération pour accomplir le destin qui lui a été choisi.

L'intrigue de ce film s'articule autour des trois personnages Ruth (Keira Knightley) Kathy (Carey Mulligan) et Tommy (Andrew Garfeild). Ce triangle d'amis grandit ensemble Ruth étant la petit star et Tommy, kathy les deux amoureux qui se cherchent. Lorsque Ruth séduit Tommy, les années se perdent, le triangle amoureux se déchire.

Que cherchent les personnages quand ils se volent leur amour? Que cherchent les personnages quand ils imitent les comportements qu'ils voient à la télévision? que cherchent les éducateurs dans le travail artistiques de leur pensionnaires?
Le film interroge sur la notion d'humanité et la notion du temps qui en découle.
Les personnages sont à la recherche de leurs originaux comme nous nous sommes à la recherche de nos ancêtres. Ils scrutent des magasines de cul comme des manuels à la recherche d'une excitation. Ils sont à la recherche désespérée d'un répit d'un peu de temps en plus. La rumeur d'un prolongement de leur vie en cas de "mariage" les pousse à rencontrer les anciens responsables.
Et pourtant, que savent-ils de ce temps qu'ils recherchent tant? Rien, ils ne savent à peine commander une pizza.
images.jpgC'est là où le film devient terrible c'est quand on comprend que leur course est vaine parce qu'ils n'ont aucune notion de la vie, cette chose formidable que l'on leur refuse.
Ils sont à la recherche d'une chose qui n'a pour eux en fin de compte aucune consistance. Même leur cris de désespoir leur sont retiré.
Si la question de l'amour anime les personnages, elle se voit comme un soulagement à la terreur de la solitude. Réparer les erreurs est même vain parce que le temps manque. Finalement derrière cette question de l'amour se cache la question du soi et de sa place. Le renoncement que l'on doit choisir, l'absurdité d'un sans aucun sens quand on ne lui en donne aucun.

Sur ces quelques liens, vous pourrez voir et écouter des interviews des acteurs parlant de leur rôle. (Attention c'est en anglais non sous titré)

une ITV de Keira Knightley à propos de son personnage Ruth:

Une ITV de Andrew Garfield

une ITV de Carey Mulligan

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Si l'ambiance du film rappelle une chanson triste de Radiohead, elle se place sous le signe de la chanson de Judy Bridgewater d'où est tirée le titre de film.
Celle-ci se doit aussi au choix des lumières, on distingue 3 familles de lumières, 3 couleurs dominantes qui correspondent au 3 époques et lieux du film où dans chacun on note l'absence du noir au profit de teintes élégantes et effacées: à Hailsham, l'ambiance est sombre et boisée, aux cottages, elle est lumineuse, légère, presque surexposée comme pour signifier la volupté d'une époque bénie et révolue, quant à la dernière, elle est presque sous exposée les nuances de bleu et gris dominent et révèle l'atmosphère hospitalière froide et inhumaine.
Pour la petite histoire, les extérieurs de l'orphelinat ont été tourné dans la maison réputée la plus hantée d'Angleterre.

Les coïncidences extérieurs;
une chose amusante dans ce film est de voir quelques petits à coté du film;

  • Alex Garland le scénariste de ce film a travaillé avec Danny boyle sur "la Plage" et "28 jours plus tard".
  • Rachael Flemming la chef costumière et Mark Digby décorateur sont des collaborateurs réguliers de Danny Boyle
  • Keira Knightley et Carey Mulligan ont déjà joué ensemble dans Orgueil et Préjugés.
  • Carey Mulligan et Andrew Garfield ont participé tous deux au Doctor Who. Carey jouait la petite Sally Sparrow... Sparrow? ca ne vous rappelle rien?
  • Andrew Garfield a été remarqué sur le film "The social Network" dont Méria en a fait la critique. La musique de ce film a été oscarisée, son auteur Trent Reznor fondateur de mon groupe préféré Nine inch Nails et qui a lui même beaucoup travaillé avec Mark Romanek, le monde est petit, je vous le dis.


Un mot sur le réalisateur:
Mark Romanek a développé un style très particulier dans son travail sur les clips. Il est considéré comme l'un des plus grands artistes dans ce genre. S'il n'existe aucun livre à ce jour sorti en français sur le travail du clip, il serait forcément cité. Ses idées et son style ont souvent été copié mais il reste identifiable au premier coup d'oeil si celui ci est un temps soit peu exercé.
Quelques exemples du travail de Mark Romanek avec, mon groupe préféré: sur ces liens ci Closer et son making Of mais surtout Perfect Drug. Mais aussi le très remarqué "Hurt" de ce groupe repris par Johnny Cash.
Enfin, on peut citer pour "Faint" de Linkin Park.
Une chose sidère dans ce travail, il y a comme une antinomie entre le travail du clip et celui de cinéaste. D'habitude, les clippeurs reprennent ce qu'ils ont appris et font des film "vitaminé" voir sous LSD, Mark Romanek ne reprend que peu d'effets aussi bien dans le rythme que dans le style de son époque de clippeur, au contraire, il se plie plus facilement à son sujet et pose les bases d'une autre travail. Comme si le travail de réalisateur de clip et celui de cinéma était totalement différent.

Mais laissons le s'exprimer sur son travail:
une ITV de Mark Romanek à propos de "Never Let me Go":

mais aussi celle-ci:



Le film brillant d'émotion, volontairement déshumanisé, vole parmi les chefs d'oeuvre de l'année 2011.
Nous vous conseillons fortement ce film et nous plaidons pour le choix d'un autre titre que: "Auprès de moi toujours" qui ressemble plus à une pub pour un parfum bic et préférons notre suggestion.
En fait, ca rappelle un peu "the Island" de Michael Bay mais en mieux.

A bon entendeur n'oublions pas la bande annonce de "Never Let me Go":

Maintenant vous pouvez vous faire plaisir sur amazon ou sur la Fnac ou sur un judicieux, un exemplaire, une volonté, un désir, une envie, un NAMASTE les enfants. Oui? M'appelez-vous mon Guru??

avatarmanemos.jpg manemos@cinephilme.com