Au début était un livre éponyme de James Sallis, publié en 2005 aux États-Unis, et au début était un producteur. Mais au début n’était pas le Danois auteur de la trilogie Puscher, de Bronson et de l’excellent Vahalla Rising.
Drive est une œuvre de commande devant être initialement réaliser par Neil Marshall et Ryan Gosling n’était pas le premier rôle auquel les producteur ont pensé. Pourtant Refn, une fois au commande de la mise en scène livre un film personnel et certainement l’un de ses plus aboutis.

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Drive me slowly ?

Le danois a toujours été l’auteur de ses scénarios et a construit un univers bien particulier même si visuellement largement inspiré de Kubrick.

De lui il reprend son goût pour la technique et les placements de caméra visibles, le manque de naturel dans les postures des acteurs, mais il ne s’arrête pas là. Il est indéniable qu’il dirige mieux ses acteurs que l’illustre maître. Il se nourrit aussi d’un amour pour les « bad boys », « les truands » explorant comme Scorcese la fascination qu’ils engendrent, voyant comme lui l’impasse dans laquelle ils s’engouffrent, l’inexorable destin qu’ils choisissent.

Bas et petits, Refn trouve en eux et exploite une esthétique construite autour d’une véritable passion pour le cinéma, ce qui est à la fois la grande qualité et le défaut de son art.

Refn retrouve des thèmes qui lui sont chers. Des gangsters, des taciturnes, la vengeance, l’argent. Drive se construit un peu comme une synthèse des dernières œuvres du réalisateur danois, nous retrouvons un « héros » taciturne à la limite du mutisme, moins extrême que celui interprété par Mads Mikkelsen sur « Valhalla Rising » qui n’est pas sans rappeler ses connards de héros japonais que je déteste. Des gangsters d’une soixantaine d’année, d’autres plus jeunes dont les capacités ne pourront en rien échapper aux schémas darwinien, comme dans la trilogie « Pusher ». Enfin, un découpage et un montage maitrisé comme dans « Bronson ».

Il enrichi son univers avec une utilisation narrative de la musique moins oppressante mais plus significative mais aussi avec une plus grande place pour les femmes. Celles-ci absentes de "Valhalla Rising" et du gros de ses œuvres trouvent dans le visage et l’interprétation de Carey Mulligan la douceur manquante dans les derniers opus.

D’ailleurs la petite Carey chérie que l’on aime à cinéphilme aurait fait des pieds et des mains pour avoir le rôle à l’origine devant être confié à une actrice d’origine latino. Dieu que cette femme est belle !

NO, Drive Me Faster !

Les mouvements de caméras, l’esthétique et le soin employés à l’image font de Refn un auteur reconnaissable dès les premières secondes du film. La création de cette identité visuelle passe aussi par l’utilisation honnête et froide de la violence.
Nous sommes avec Refn dans l’anti-thèse complète de la violence esthétisante à la Zack Snyder (référence Sucker-Punch). S’il y a la même fascination, Refn n’oublie le coté barbare de celle-ci, la souffrance dont elle est mère, l’orphelin dont elle se fait parent.

Il y a donc un rapport sincère avec celle-ci, car elle se fait véhicule d’une volonté à montrer la noirceur de l’âme humaine.
Comme celle-ci se démontre à chaque film, il y a un point de vue sur la nature humaine. Aussi désespéré soit-elle, elle n’en reste pas moins sacrée car construite et réfléchie. Un trait d’esprit est sacré même un blasphème si celui-ci est emprunt d’intelligence.

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Bien construit, solide et intelligent, « Drive » est nettement supérieur à la palme d’Or « Tree of Life » décernée à titre de complaisance. Il sacre à l’internationale un réalisateur majeur dans sa génération, entrainant dans son sillage deux acteurs puissants et superbes. (donc énervants)

La Bande Annonce:

J'oubliais:
Namasté les enfants.

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