Blake, multimillionnaire crétin s'ennuit dans son manoir de LA. A quelques jours de Noël, alors qu'il s'amuse à une partie de paint ball avec ses domestiques il est pris en chasse par la police (?). Il trouve refuge dans un supermarché où suite à une amnésie subite (?) il pense être vraiment le Père Noël (?). Un lutin à court d'argent qui l'a reconnu et tente de lui soutirer sa fortune (?) avant devenir son poto. Il va croiser la route d'un orphelinat qui se bat contre un savant fou (?) qui tente de s'emparer de son terrain qui recèle un bien étrange secret (?). Mais Blake va se rendre compte que bien plus de choses qu'il ne l'imagine le relient à l'orphelinat et au savant fou...

SUSPENSE INSOUTENABLE.


Merry Steroïds

young_hulk_hogan.jpgMais oui ce visage de poupon, jouflu, c'est lui, Hulk Hogan, photographié ici à l'age de 7 ans alors qu'il venait tout juste de rejoindre la ligue junior de la WWF.

C'est ce portrait qui nous accueille quand on s'installe entre les murs centenaires (je crois) de la cave de la Cantada pour cette dernière séance de "Pas de Pitié pour les Navets" avant les deux ans le 15 décembre prochain ( on a quelques idées sur le feu nous aussi) (ahah) (teasing) (NDLR: ta gueule avec tes parenthèses).

Tout le monde connaît Hulk Hogan, géant blond moustachu qui fit les grandes heures du catch US ( à une époque le monde était divisé entre les fans de Hogan et ceux de l'Undertaker, ceux qui regardaient les retransmissions des combats sur canal+ le samedi après midi verseront une larme de nostalgie). Très populaire auprès du public, Hogan a vite franchi la frontière médias, et a collectionné les apparitions pubs, télé et cinéma, pour le meilleurs et surtout pour le pire. Pour se donner une idée de l'étendue des dégats, une petite compil' non exaustive mais très très bien documentées et réalisée par l'équipe de PDPPN. A noter que CHAQUE SEANCE est précédée de ces petites perles et vous pouvez retrouver toutes les autres sur le canal vimeo consacré aux soirées.

We Need A Montage#41 -Spécial HULK HOGAN- from Mathieu Berthon on Vimeo.

Outre les inévitables extraits de ses combats on gardera quelques perles comme cette pub japonaise pour un climatiseur (à 4'30), Hulk dans "Alerte à Malibu", Hulk SANS moustache, Hulk AVEC moustache, Hulk en pizza, Hulk en dessin animé, Hulk dans un bateau, Hulk en jouet. La Franchise Hulk Hogan à son meilleur. A se demander si Hulk Hogan ne fait pas volontairement le choix de tourner dans ces choses. Ou alors il est complêtement stupide. Mais la déontologie journalistique nous interdit d'émettre un tel jugement.

Et comme toujours, une petite animation pour commencer la soirée: outre l'irruption soudaine de catcheurs patibulaires ( l'Homme castor, El Mexicano) on aura droit un combat épique et gustatif mettant en scène un génocide massif de papilles gustatives. Un dîner presque parfait en mode hardcore.

How the Hulk Hogan stole Christmas

Santa_With_Muscles.jpgQu'est ce qui est pire qu'un enfant qui joue mal à l'écran? Un doublage mal foutu d'enfant qui joue mal. Dès les premières secondes nos capacités auditive sont soumises à rude épreuve avec cette voix criarde et insupportable ( a tel point que les spectateurs vont ponctuer chacune de ses répliques d'un « Ta gueule » tonitruant tandis que les moins courageux prendront la fuite en cachette). Le nanar est sport de combat.

Il suffit de quelques plans pour comprendre l'étendue du non-jeu de Hulk Hogan. L'hypothèse la plus probable est qu'il n'a jamais pris de cours. Ou alors il appris à parfaire ce non-jeu, ce regard de bovin, ces petits regards caméras comme si un technicien tenait ses répliques écrites sur un carton hors champs. On a beau se dire qu'il s'agit d'un film pour enfants, calibré pour, écrit pour, on reste dubitatif. Car l'excuse « film pour enfant » ne résiste pas longtemps à la stupidité crasse du scénario, à l'indigence des personnages et au cabotinage millésimé des acteurs – et chose presque incroyable, même les figurants semblent mal jouer.

santa-with-muscles-2.jpgSi Hulk Hogan est transparent il reste inoffensif. Il paraît sincère dans sa démarche.Après tout, qui n'a jamais eu des impôts à payer, des factures qui s'accumulent ou pire un agent peu scrupuleux qui signe pour vous et vous engage sur des films de merde.

Mais Don Stark qui joue le rôle d'un hystérique lutin de Noël remporte tous les suffrages d'un cabotinage poussé à l'extrême, provoquant chez vous comme une envie d'envahir un pays de l'Est. Sa simple présence à l'écran, ses grimaces, tout en lui inspire un sentiment de haine comme jamais un acteur a pu le provoquer sur un écran.

mila.jpgSi les acteurs sont aux fraises (le trio de méchants bêtats mériteraient de finir sur un le front russe en Hiver) le scénario est tout aussi bâclé et peu probable qu'un enfant de 5 à 10 ans (la cible du film) puisse le comprendre tant les deux arcs scénaristiques ont peine à se rejoindre dans un premier temps. Sans compter que le film se prend parfois trop au sérieux, au lieu de jouer la carte de la parodie.

Sauf dans une séquence absolument hallucinante où le réalisateur réussi l'incroyable pari de convoquer Kubrick et « 2001 odyssée de l'Espace ». On reste bouche bée devant ce qui est sans doute la citation et le clin d'oeil le plus ridicule de l'histoire du cinéma. On note aussi à l'écran les débuts d'une toute jeune pousse qui plus tard se fera un vrai nom,Mila Kunis. Et oui, la petite brune ( la seule joue à peu près correctement au contraire des deux autres gamins) c'est elle.

santa-with-muscles-13.jpgEt puis c'est le drame. Ce moment où le film bascule dans l'indicible, là où à jamais on situera "l'avant" de l'après. Don Stark débarque dans un pyjama en forme de lapin. Attentat visuel. Et puis cette gamine insupportable de candeur. Sa voix stridente. Nos oreilles qui saignent.

On hurle de plus en plus fort dans la cave de la Cantada. A l'écran le film continue dans un festival de non sens: entre le méchant (il est très très méchant, la preuve il a un google map rien que pour lui dans son bureau sur lequel il fait des croix au feutre, signe qu'il est pas très clair dans sa tête) la présence de catacombes moyen-ageuses dans le sous sol de LA, des cristaux qui font "pfffrt" quand ils tombent par terre mais assez solides pour un duel façon Jedi ( duel même pas assumé, on aurait pu avoir une référence façon "2001", mais non le réalisateur n'en a peu près rien à secouer).

Ah oui, entre temps le scénariste a redonné sa mémoire à Hogan, transformé le savant fou en ancien ami d'enfance de Blake. On enchaine les cascades pourraves, les jeux approximatifs et les punchlines désolantes. Un film tellement fauché que même les techniciens des FX ne sont pas capables de faire jaillir de manière synchronisée les étincelles d'une perceuse. Un final pompé sur "Poltergeist", un happy end tellement acidulé qu'on est obligé de vérifier son taux de cholesterol en sortant. Et surtout, SURTOUT, ce plan final sur un bonnet de Noël où on se rend compte que même le bonnet de Noel joue mal.

Et dans deux semaines, PDPN remettra le couvert mais dans un autre genre, "Hollywood Cop" un nanar gratiné, d'un autre niveau. D'ici là j'espère que mes oreilles auront cicatrisé.


avatarmeria.jpgmeriadeck@cinephilme.com