11 Janvier

qPremier film diffusé en salle mais pas sa première réalisation, "Duel" a marqué l'imaginaire du public. De la même façon qu'on ne regarderait plus l'océan de la même façon avec "Les Dents de la Mer" difficile de rester impassible quand on croise un camion solitaire en rase campagne... "Duel" préfigure beaucoup des "dents de la mer" dans son affrontement entre un homme du plus commun et un mal qu'on a du mal à cerner ou identifier. Basculement d'un quotidien dans quelque chose d'hors norme et surtout mise en scène très soignée, Spielberg signe sans doute pour certains son meilleur film et même le plus réussi.

rencontres_du_3eme_type.jpgLa Cinémathèque nous a diffusé la version "edition spéciale" de "Rencontres du 3eme type" de 1980 avec quelques plans en plus et de nombreuses grosses coupures pour des scènes que l'on retrouvera sur la "director's cut". On est toujours assez étonné par le relatif optimisme qui se dégage du film (à rapprocher d'un "ET" par exemple), amusant de voir à quel point "la Guerre des Mondes" est un formidable contrepoint, le 11 Septembre étant passé par là. Le plus étonnant surtout est que si on replace le film dans sa filmo, il passe du film de terreur à un émerveillement béat en un claquement de doigt. Quant à ces plans de l'intérieur du vaisseau ils n'apportent quasiment rien. "Je ne sais pas mais c'est beeeaaauu".

13 janvier

sugarland.jpgOn enchaîne avec "Sugarland Express", un des plus mal aimés de Spielberg. Relatif échec à sa sortie, il mérite néanmoins une revisionnage pour l'apprécier. Tous les codes Spielbergiens sont là, le road movie de ces deux marginaux émeut. William Atherton est très bon, on regrette que cet acteur n'ait pas eu la carrière qu'il mérite (à part être traité de chatré dans "SOS Fantomes"). On sent aussi la pointe burlesque comico dramatique qui éclatera dans "1941".

affiche-La-Couleur-pourpre.jpgQuand on revoit "La Couleur Pourpre" près de 25 ans plus tard on est saisi par plusieurs choses: toujours l'étonnante naïveté avec laquelle Spielberg conduit son récit et sa caméra, alors qu'à la base on a une histoire, très dramatique, très troublée. On sent qu'il est extrèmement sincère dans sa mise en scène, qu'il ne recule devant rien. On sent poindre les inspirations qui le mèneront vers "La Liste de Schindler". Et un Danny Glover vraiment impressionnant, sans doute un de ses plus grands rôle. Et baucoup de barrières, les mêmes barrières qu'on retrouve dans "War Horse". Et aussi un des rares films où John Williams ne signe pas la partition, remplacé ici par Quincy Jones qui fait une musique honnête, très "Williamsienne" paradoxalement.

14 janvier

Très très grosse journée. Le fan qui est en nous saute sur place. Imaginez, revoir "ET", et les "Dents de la mer" sur grand écran ( et rajoutons "1941" parce qu'on a un peu de temps entre les deux). Certes c'est le grand écart car les films sont dans le plus total désordre filmographique. L'indice "prise de pied cinématographique" grimpe à 5/6.

ET.jpgBien évidemment énorme crise de larmes du début jusqu'à la fin, même si (MEME SI) ici on nous diffuse la version" talkie walkie", c'est à dire la nouvelle version avec "effets spéciaux intensifiés" de 2002. Une version que Spielberg lui même regrette, affirmant que le blu-ray contiendra bien la version d'origine. Beaucoup critiquée à sa sortie pour le gommage des fusils (rendant ainsi la scène de l'envol des vélos grandement sans aucun sens) on trouvera au moins un point positif: lorsqu'il prend la fuite au tout début, ET ne "roule" plus comme à l'origine mais fait des petits bonds, c'est un peu plus "crédible". Rien à dire sur le reste, outre la parabole messianique, l'enfance, toujours cet émerveillement, "ET" est un film qui transporte et même 30 ans plsu tard touche l'enfant caché au plus profond de nous. Une séance quasi complête dans la grand salle Langlois...

1941.jpg"1941" diffusé ici en version courte (la version la plus connue en fait, la version longue est disponible sur le dvd z1) c'est sans doute la plus grand farce burlesque de Spielberg. Tellement "grausse" qu'il reconnaît lui même avoir perdu le contrôle du tournage (comme sur "Hook"). c'est un film aux multiples facettes. Zemeckis et Bob Gale au scénario reprendront quelques éléments pour leur "retour vers le futur" (Tannen déteste le fumier et finit dans un camion de fumier, de la même façon qu'un des personnages déteste l'oeuf et finti dans un camion d'oeuf). Mais c'est un film confus, un film chorale avec beaucoup trop de personnages, le spectateur est vite perdu. Un humour parfois pachydermique, un John Belushi énaurme et des personnages qui tombent nez à nez avec un TRex près de 15 ans avant "Jurassic park"...

jaws.jpgBon celui-ci on l'attendait de pieds fermes. Revoir "les Dents de la Mer" (que ce titre français est superbe, loin du "Jaws" ("Machoires" d'origine) sur grand écran n'est pas chose accessible à tout le monde. On retrouve donc le classique des classiques, le film qui a redéfinit le film de monstre et de terreur durant 30 ans avec un grand plaisir dans une copie plutôt en bon état. La seule chose que l'on trouverait à redire c'est sans doute un rythme plus lent que les films d'aujourd'hui, c'est la seule chose qui permet de "dater" le film. En déhors de ça, on est toujours bluffé par le requin robot qui n'a rien à envier aux CGI d'aujourd'hui, il est "vrai". On comprend la peur que les spectateurs ont pu ressentir à l'époque, vidant les plages en clin d'oeil... Sans doute LA séance coup de coeur de cette rétro (avec le très attendu combo Jurassic Park/Monde Perdu)

15 janvier

IndianaJones.jpgCe dimanche 15 allait marquer d'agréable retrouvailles avec un aventurier et son chapeau familier. Revoir les trois (TROIS) Indiana Jones à la suite permet de bien les mettre en perspective. Avec un premier opus qui posait les bases du mythe, une mise en scène où l'aspect Spielbergien est relativement gommé, à part deux ou trois scènes. On a une mise en scène très efficace mais très minimaliste par rapport à ce que fait Spielberg d'ordinaire. En fait le plaisir réside dans la réutilsiation des codes des "sérials" avec lesquels Spielberg joue comme un enfant. Des nazis méchants, un artefact qui passionne, la sensation de voyager autour du monde, une musique qu'on siffle, l'archétype du film d'aventure.

templeofdoom.jpg"Le Temple Maudit" c'est celui que j'aime moins. C'est celui avec lequel je suis le moins familier. Peut être l'absence de nazis méchants et des pierres magiques qui franchement à la différence d'une Arche d'Alliance ou du Graal ne m'ont jamais vraiment passionné. Il y a le côté sombre du film, qui surprend, cette plongée dans le ventre du Palais de Pankot comme dans l'abîme. Et ces enfants battus que Spielberg plus tard a regretté d'avoir mis en scène. On le reregardant ce jour, il semble que je l'ai un peu plus apprécié.

Last_Crusade_A.jpgAu sortir du visionnage consécutif des deux opus, "la Dernière Croisade" semble incroyablement léger, une très grosse récréation, comme si Spielberg essayait de gommer ce passage sombre que pouvait avoir été "le Temple Maudit". Il n'en demeure pas moins que "la Dernière Croisade" est celui auquel je suis le plus attaché (les 72 000 visionnages expliquent peut être cela). Mais il y aussi tout ce qu'il n'y a pas dans le "Temple Maudit": un vrai artefact, et des répliques cultes que l'on répète 20 ans après (et je suis bien incapable de ressortir une réplique du "Temple Maudit").

à suivre