Synopsis:
On a trouvé une carte aux étoiles dans plusieurs grottes dans le monde. Aussitôt un vaisseau se met en route pour partir à la recherche de ce qui pourrait être nos créateurs. Mais au final, il semblerait que nos darons soient pas franchement heureux de voir débarquer sa marmaille humaine sans mettre les patins.

Alien Episode -1

(par Mériadeck)
prometheus.jpgAutant le dire tout de suite même si je dois briser quelques rêves et fantasmes, si le spectateur espère avoir quelques réponses ne serait-ce qu'à une seule des questions qu'il se pose, il sera déçu. "Prometheus" ne répond à strictement rien mais apporte dans sa valise environs trois mille autres questions.

De "Alien" à "Blade Runner" Ridley Scott a posé les jalons d'une certains science fiction, jalons qui se sont perpétués, transmis dans tous le cinéma depuis trente ans. Le retour à la SF laissait donc présager un renouveau, un nouveau "bond en avant". Oui et non. Décors soignés, écrans tactiles sur tout et n'importe quoi (les écrans tactiles sont les nouveaux "ordinateurs diesel à gros boutons" des années 70/80"). On reste néanmoins sur notre faim, le Alien de 1977 censé se passer plusieurs centaines d'années APRES celui ci reste encore plus "crédible" dans sa création d'un univers SF "crédible".

Si l'ensemble du film est plutôt efficace et d'une très bonne facture, Scott connaît son métier, on est en droit d'émettre plusieurs réserves. En certains endroits, il semble manquer des pans entiers de films (des coupures pour une version longue?) et la construction des personnages laisse parfois à désirer tant les réactions de certains n'ont aucun sens. Là pour le coup, ce genre de chose est surprenant de Scott, lui qui d'habitude est assez minutieux.

prometheus2.jpgLe casting est impeccable. Hormis le désormais obligatoire Michael Fassbinder et Charlize Theron (et Guy Pearce), on a de parfaits (presque) inconnus. Noomi Rapace est parfaite en Ripley-like, l'une de ses scènes risque de donner de sacrées aigreurs d'estomac. On regrette les failles du scénario car on a la sensation que le film nous échappe totalement. Et cette volonté presque "créationniste" et les références à la religion sont parfois très gênantes. On aurait préféré que l'Humain reste un "Aucun lien suis fils unique".

Le choix de Scott de ne pas faire un vrai prequel d'Alien (au fond, peut être a-t-il déjà tout dit, et tout fait et il n'a pas envie de refaire un remake de son propre film) apporte une certaine bouffée d'oxygène même si trop d'éléments renvoient systématiquement aux autres films, au spectateur de trier et de faire le lien. Mais "Prometheus" apporte bien trop de questions, de pistes à explorer qu'il en devient plus frustrant que fascinant.

OUTRECUIDANCE!

(Par Manemos)
PROMETHEUS-2.jpg HORREUR!
ABJECTION!
DECEPTION!
OUTRECUIDANCE, DOUBLE OUTRECUIDANCE!

Regardez ce trio d'acteurs se foutre de votre gueule.
Je suis comme une pucelle dont l'honneur a été éclaboussé jusqu'au visage. Mais que s'est-il passé?

Evidemment comme tout le monde, j'attendais. Je frétillais d'impatience comme un poisson hors de l'eau, un junkie avant son Overdose à ces mots magiques "SCOTT. RETOUR. ALIEN" C'est bien simple je m'oubliais la nuit.
Alors le 30 mai cela devait être mieux que Noël. Il était là enfin disponible après un gros matraquage médiatique, un casting démentiel et une affiche complètement pourrie.
Comble de tout, Giger reprenait les choses en mains. Fini les prédatorsaliens insignifiants et vomitoires. Retour à la casba, le fils prodigue est là ALLELUIA.

Alors il est vrai.
La première demi-heure est fantastique. Images léchées de l'ISLANDE et de l'ECOSSE en 3D on s'y croyait, c'était savoureux comme un Baraka, comme un KOYYAN. Après comme d'habitude, on oublie cette putain de 3D, bassesse marketing, passons. Mais voilà, l'univers revenait, l'ambiance poisseuse, les créatures de GIGER sortent de l'eau noire, ce sont des phallus cadavériques, ils mettent mal à l'aise. Les autres créatures vaginales sont effroyables de puissance.
C'était là tout l'âme de ces créatures, leur caractère érotique et monstrueusement dangereuse. La lumière est parfaite. L'ambiance est là. Certains diraient même qu'elle l'emporte sur le tout. Je dis; "Ca ne suffit pas".

La raison?
PROMETHEUS-1.jpg Qu'est-ce que c'est que ces personnages ridicules?
Qu'est-ce que c'est que cette histoire mal entretenue?
Les motivations des personnages sont soit floues soit inconsistantes. Personnellement, l'excuse de la religion ne me dérange pas quant au personnage de la Ripley-bis mais c'est aussi bien amené qu'une blague de Bigard. Méria a raisons les personnages sur-réagissent tout le temps, ne maitrisent rien. Le personnage du robot est des plus flous, on ne sait pas ni pourquoi il procède à des expériences seul dans son coin sans en avertir son créateur ni pourquoi, il ne les protège pas , et ni pourquoi personne ne s'oppose à lui. On ne sait pas pourquoi les humains ne viennent pas avec un gâteau de bienvenue pour se présenter cordialement à leur créateur, ce qui serait la moindre des choses. M'étonne pas qu'après, ils créent une race de super-mutants de l'espace pour leur défoncer la gueule.

Mais SCOTT je vais t'accrocher à une montagne et faire bouffer le foie par un aigle, tu vas comprendre ce que tu nous m'as fait subir.
Mais Scott qu'est-ce qu'il t'arrive? déjà ton "Robin des Bois" était d'un chiant incongru mais là tu dépasses les bornes de mes burnes. On dirait que tu nous sert un la Mutante 5 (Giger était déjà à la création de l'alien sur ce film)

Pourtant j'adore Scott et sa filmographie, sa capacité à explorer tous les sujets et toutes les époques, mais là, on dirait qu'il a essayé sur la fin de se débarrasser de ce film qui ne repose sur rien. Peut-être qu'une production américaine a encore foutu son nez dedans et l'a spolié de sa création. Allez savoir.
En tout cas en comparaison, je hisse Alien 4 au rang de chef d'oeuvre.

Je ne vous Namaste pas Monsieur SCOTT.