YO NO SOY STARBUCK.

film-starbuck-8.jpg (Par Manemos)
Lorsque j'ai découvert la bande annonce en avant première de Starbuck, je suis tombé littéralement amoureux du pitch. Drôle en soi, situation biscornue, de l'accent Québecois à tout berzingue. Il m'en fallait pas plus.
Du coup, quand j'ai appris qu'il y avait une avant première, j'ai légèrement cassé les couilles de mon rédacteur en chef préféré (puisse que c'est le seul) pour aller voir ce film. (NDLR: tu passeras à mon bureau prendre ton solde tout compte et débarrasse ton casier, merci)

Et je suis assez content de moi.
Non seulement de lui avoir cassé les pieds, ce qui représente pour moi une source intarissable de plaisir mais aussi parce que ce film est un petit bijou de réussite. (NDLR: Pour l'avant première de The Dark Knight Rises, tu peux oublier)

film-starbuck-11.jpgPartant du postulat qu'un homme peut se réduire à la simple qualité de reproducteur de par le nombre de spermatozoïde qu'il produit chaque jour annonce la couleur comme le taureau "STARBUCK" , un ruminant qui a fécondé toutes les vaches d’Amérique du nord, le film se met au service d'un but: parler de la paternité d'aujourd'hui et la difficulté que cela représente.

Et ça commence par une scène de masturbation absolument hilarante.
Tous les aspects sont représentés, sous les yeux du héros atteint d'un début de syndrome de Peter Pan, les futurs pères gagas, les papas débordés qui conseillent l'avortement, la seule image rassurante dans ce chaos est finalement le patriarche lui-même.
Le héros se voit dès lors lui-même confronté à cette situation parce que sa copine est enceinte. Refus. Négligence. C'est aussi à ce moment qu'il apprend que sa semence a, malgré lui, voyagé et fait son rôle. Voici qu'il doit découvrir quel père il doit être.
Et c'est une succession de tableaux de stéréotypes de tout ce que l'enfant pourra être et ce à quoi lui en tant que père sera confronté. Apprentissage doux amère en accéléré qui le révélera à lui même.

La force du film est d'aller au delà de ces clichés et de toujours proposer un visage humain à ceux-ci. Finalement, on y croit, on s'y attache. Les personnages sont délicieux et formidables. Formidablement interprétés, Patrick Huard est parfait dans son rôle.

Film-Starbuck-2.jpgOn pourra critiquer bien entendu parce que le film n'est pas parfait, des scènes en trop, des ramifications scénaristiques qui aurait pu être élaguées ou encore la longueur du film. On peut aussi juger l'alternance comique/dramatique trop poussée, mais le charme du film l'emporte sur le tout. Parce que c'est de l'humain que parle cette œuvre. Il dresse un portrait de la vie, il donne un point de vue sans être manichéen mais en ayant une juste tendresse pour ces personnages.
Et pour moi c'est une véritable sagesse cinématographique.

L'art ne fait que parler des êtres humains, de leurs cadres qui les définit et la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

En résumé et pour ma part, Starbuck est un film irrésistiblement humain, parfois un peu long mais qui mérite qu'on lui laisse sa chance. Si vous vous laissez portez, il sera pour vous un grand moment.

Mais je laisse la parole à notre grand vénérable et grand gourou (que béni soit son nom, nous protège t'il de la fumée de cigarette et des cariboux en bicyclette) Mériadeck.

Escroquerie en bande organisée

affiche_starbuck.jpg (par meriadeck)
Terrible déception que ce film qu'on tente de nous vendre comme un "feel good movie" ou "la comédie de l'année". Si l'idée de base semblait excitante et originale, on ne retrouve rien de tout ça dans le film. Long, pesant, rempli de bons sentiments jusqu'à la nausée, mélodramatique au possible, "Starbuck" échoue totalement. Pour plusieurs raisons.

Car si les acteurs sont tous très bons (Patrick Huard en tête), le scénario lui compile les scènes de manière aléatoire et complétement inappropriée, passant sans transition de scènes extrêmement mélodramatiques et dures à des scènes de pures comédies. Le film aurait tellement gagné à n'être qu'un film de comédie plutôt que de s'essayer dans le sérieux, le social, le malaise.

On note aussi un sérieux problème de rythme, une volonté de sur-compliquer l'histoire (pourquoi rajouter une histoire de malfaiteurs dans cette histoire?). Et les choix du scénaristes énervent tant qu'on ressent l'envie de bondir dans l'écran et de prendre à parti les personnages du film pour leur dire que oui, Starbuck est leur père, histoire de faire avancer l'histoire.

Le problème est que "Starbuck" se prend vraiment au sérieux et le dernier tiers on ne peut plus éprouvant, le film devenant un "film de procès" sans grand intérêt. Le final bascule dans le sirupeux. Ce déferlement de bons sentiments donne envie de passer des chatons au mixeur. A fuir.

Bande Annonce: