Un vélo dans la tête

premium.jpgAutant avertir tout de suite, ce n’est pas le genre de film à conseiller si on est un pratiquant courant du Vélib’ ou du vélo en mode urbain. « Premium Rush » va vous donner quelques sueurs froides et quelques crampes d’angoisses ou de phobies. La première partie du film est en cela un régal tant Koepp joue avec les peurs et les phobies du spectateur. Images spectaculaires, caméra au guidon, slalom entre les voitures et les bus, on ne lésine sur rien. Gordon Lewitt apparait comme crédible en coursier casse cou.

Dans cet emballement frénétique et brutal du quotidien qui dérape sur un pavé humide, on pense à «Speed » pour l’aspect vitesse et mécanique en temps réel. A « Duel » pour l’affrontement voiture contre vélo (quoique il est dommage que le réalisateur ne pousse pas plus loin certaines scènes, le dernier tiers est ainsi faiblard en comparaison des 45 minutes menées tambour battant). On regrette des seconds rôles sans aucun relief. Le rajout d’une histoire mélodramatique qui vient alourdir l’ambiance alors qu’elle était (dans la tête du scénariste) censée justifier l’intrigue. Au fond parfois, il est inutile de surcompliquer une histoire ou de lui donner une autre allure.

premiumrush.jpgL’autre force, c’est le « Méchant ». On a rarement vu un personnage de méchant aussi sympathiquement méchant. Michael Shannon (Take Shelter) qui prend beaucoup de plaisir à jouer son personnage. Gordon Lewitt est solide face à lui. Le plus gros regret est que cette course semble prendre fin trop tôt dans le film, le rythme stoppant brutalement. Il y a quantité d’axes scénaristiques qui ne sont pas exploités et qui auraient été sans doute bien meilleur que ce final un peu mou, la sensation que soudainement, le petit vélo de David Koepp déchape.

Au final « Premium Rush » c’est un solide divertissement, un pur « film du dimanche soir » dans la forme. Fourmillant d’idées visuelles qui on tendance à trop se répéter (le GPS, le choix des directions dans la tête du personnage, l’horloge très « 24h » et d’ailleurs le structure du film tient beaucoup à « 24h »), le film échoue dans sa dernière partie, comme si Koepp après un gros sprint en solitaire était victime de fringale, entraînant son spectateur dans la chute du peloton. Dommage.

meria.jpgmeriadeck@cinephilme.com